ccas.frArticle : "“ L’angoisse est le moteur de tous mes livres ”"

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“ L’angoisse est le moteur de tous mes livres ”

ccas.fr • en ligne le 18 Juillet 2001

Comment êtes-vous arrivé à la littérature ?

J’ai toujours aimé écrire. Même à 8 ans, j’écrivais. Mais c’est par le théâtre que j’ai pris l’écriture au sérieux et que j’ai franchi le pas. Nous étions une petite troupe à tirer le diable par la queue et nos finances nous permettaient difficilement de payer des droits d’auteur pour jouer des pièces contemporaines. Quant au répertoire classique, tombé dans le domaine public, les gens préfèrent le voir joué par des troupes reconnues. J’ai donc écrit des pièces… que je n’ai d’ailleurs jamais publiées.

L’imaginaire est-il pour vous très important ?

L’imaginaire a toujours eu une part très importante dans ma vie. J’étais fils unique, je vivais dans une grande maison un peu triste où il n’y avait pas de livre, sauf la Bible, illustrée par Gustave Doré. Le monde parallèle a pris très vite une place si grande qu’il me semble parfois que, dans mon enfance, le plus réel, c’est l’imaginaire et non la vie. C’est une des raisons pour lesquelles j’admire Borges, cet inventeur de génie pour qui le faux est vrai, et Alejo Carpentier dont les livres illuminèrent ma jeunesse avec leur réalisme merveilleux.

Vous débordez d’enthousiasme. Pourtant, l’univers de vos romans est souvent sombre. Etes-vous inquiet ?

Quand je me sens des appuis solides dans ma vie professionnelle et privée, je n’ai pas d’inquiétudes. Mais l’angoisse est le moteur de tous mes livres et parfois, surtout avec Lazare ou le grand sommeil, elle m’engloutit. L’angoisse du temps, de la mort, de la mort en tant que finalité de la vie et aussi, dans le cas de Lazare, l’angoisse de l’éternité, d’une vie sans mort qui ferait perdre tout son sens à l’existence. Les bonheurs et les chagrins viennent de la certitude que le temps est mesuré.

 

 

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