ccas.frArticle : "Lexique"

histoire

Lexique

ccas.fr • en ligne le 5 Avril 2005

Armistice
Le 16 juin 1940, le président Albert Lebrun accepte la démission de Paul Reynaud président du Conseil et le remplace par Philippe Pétain. Le 17, il déclare à la radio : “… C’est le cœur serré que je vous dis, il faut cesser le combat”. Sous-secrétaire d’Etat à la guerre dans le cabinet Reynaud, le général de Gaulle a quitté Bordeaux – où s’étaient réfugiées les autorités – pour Londres dans la matinée. Le 18, il lance son fameux appel. Le 22 juin, l’armistice est signé dans le wagon même où le maréchal Foch avait imposé ses conditions à l’état-major allemand en 1918. Le 22 octobre 1940, ce sera la poignée de main entre Hitler et Pétain à Montoire-sur-le-Loir. Ce jour-là, l’Etat français entre dans la collaboration avec le IIIe Reich.

Camp de concentration
Le camp de concentration (Konzentrationslager, KL) est un bagne institué par le gouvernement du IIIe Reich dès 1933. Le KL (ou KZ) a pour mission de punir et de “rééduquer” les opposants allemands au régime nazi (communistes, socialistes, chrétiens militants, pacifistes…) et certains condamnés de droit commun. A partir de 1940, on y incarcère en outre des résistants, otages, suspects des pays occupés par la Wehrmacht (Français, Polonais, Belges).

Camp d’extermination
Le camp d’extermination réservé aux déportés dits raciaux (juifs, Tziganes…) est le hall de la chambre à gaz. Dès leur arrivée, les détenus subissent une sélection inhumaine. Les uns, malades, faibles, vieillards, inaptes au travail, enfants, sont immédiatement mis à mort : chambre à gaz puis four crématoire. Les autres sont soumis au même régime que les déportés des camps de concentration. Le principal de ces camps est Auschwitz-Birkenau.

Capitulation
L’acte solennel de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie est signé à Berlin le 8 mai 1945. Il ne s’agit pas d’un armistice, c’est-à-dire une simple suspension des hostilités ou une trêve. Cette date symbolise aujourd’hui la fin des années de terreur, de l’horreur absolue du règne fasciste sur l’Europe, les 10 millions de déportés victimes de la Shoah ou morts pour avoir résisté à Hitler, à Mussolini, à Franco, à Pétain.

Gestapo
Geheime Staatspolizei : police secrète d’Etat, dirigée par Heinrich Müller. La Gestapo, conjointement avec la SS, joua un rôle déterminant dans le système concentrationnaire et dans les génocides.

Kapo
Détenu responsable d’un kommando de travail ou qui dirige un service. Choisis le plus souvent parmi les détenus de droit commun (verts), ils étaient, à de rares exceptions près, des auxiliaires zélés des SS, se livrant aux pires sévices et brutalités. L’origine du mot kapo provient, dans le style de l’humour nazi, de la contraction des mots kamaraden et politzei.

Kommando
Désigne une équipe de travail ou un service du camp. Kommando extérieur : un camp annexe dépendant d’un grand camp se subdivisant lui aussi en divers kommandos de travail.

NSDAP
Sigle du parti nazi : Nationalsozialistische deutsche arbeit partei (Parti national socialiste allemand du travail). La SA et la SS étaient des organisations du NSDAP.

Nuit de cristal
Pogrom organisé par les nazis les 9, 10 et 11 novembre 1938 en Allemagne. Après des persécutions inouïes, plusieurs dizaines de milliers de juifs furent internés dans les KL. Ce pogrom marqua un tournant dans la Solution finale.

Nacht und Nebel/Nuit et brouillard
La procédure NN (décret du 7 décembre 1941), inspirée par le maréchal Keitel, commandant en chef de la Wehrmacht, stipulait que, pour effrayer les populations des pays occupés de l’Ouest, il convenait de les tenir dans l’ignorance sur le sort des personnes arrêtées. Certains détenus devaient être transférés en territoire allemand où ils ne pourraient donner signe de vie et disparaîtraient dans “la nuit et le brouillard”.

Polices et services de renseignement
Les répressions et persécutions furent exercées par des organismes militaires dépendant de la Wehrmacht, l’Abwehr, la Geheimfeldpolizei, la Feldgendarmerie, par des polices d’Etat (Orpo, la police en uniforme, et Sipo, qui regroupait la Kripo et la Gestapo). Himmler dirigeait les polices d’Etat. L’action de la Sipo et de la police privée de la SS, le SD, était coordonnée par le RSHA. A partir de 1939, tous les fonctionnaires membres des polices d’Etat se virent attribuer dans la SS un grade correspondant à leur place dans la hiérarchie de l’Etat. Polices d’Etat et SS tendaient à se confondre.

RSHA
(Reichssicherheits Hauptamt) Office principal de sûreté du Reich. Le RSHA incluait la Kripo (la police criminelle), la Gestapo (police secrète d’Etat) et le SD (police privée de la SS). Le RSHA, créé en septembre 1939, fut d’abord dirigé par Heydrich puis par Kaltenbrünner.

SA
(Sturm Abteilung, section d’assaut). Milice privée regroupant les hommes de main du NSDAP, porteurs de l’uniforme brun, et dont, à l’origine, la SS n’était qu’une branche. C’est la SA dirigée par Roehm qui, après la prise du pouvoir par Hitler, ouvrit presque tous les camps de concentration (les camps sauvages). Après la Nuit des longs couteaux (30 juin 1934) et l’assassinat de Roehm et de ses principaux compagnons, la SA, sans être supprimée, fut supplantée, notamment dans les KL, par la SS de Himmler.

SS
(Schutzstaffel, troupes de protection). Sous la direction de Himmler (SS Reichsführer), la SS comportait une troupe armée (la Waffen SS), les unités “à tête de mort” (dont les gardiens des KL), une police de renseignement (le SD)… Elle noyauta les polices d’Etat dont Himmler était également le chef.

Solution finale
Sous cette formule fut évoquée, déjà bien avant la guerre, la politique qui devait conduire à l’éviction des juifs des territoires du Reich ou occupés par lui. Au début, cette politique consista, par la terreur, à contraindre les juifs à émigrer… Ce n’est, semble-t-il, qu’à l’automne 1941 que fut envisagé le génocide. La conférence de Wannsee (20 janvier 1942) mit définitivement au point le massacre généralisé. Dès l’origine, c’est à Eichmann que fut confiée l’exécution de la Solution finale (voir article ci-contre "histoire d'un génocide").

 Pierre Michaud

 

accueil | contacts | infos légales | [accès correspondants] | - © amio 2009 - version beta