25e Festival international du Film d'Amiens - 2005 photo: dr/fifa
Pas de Rencontres audiovisuelles à Proyard cette année : les “Raas” se donnent le temps de la réflexion. Vidéastes et cinéphiles sont donc invités à se retrouver au festival d’Amiens, exemplaire de ce que peut être véritablement une rencontre “tous publics”.
Les Rencontres audiovisuelles des activités sociales (RAAS) qui, depuis douze ans, se déroulaient à Proyard, en Picardie, marquent une pause. Afin qu’elles soient encore plus ouvertes, et que plus de partenaires y participent – à Proyard ou ailleurs —, les organisateurs ont décidé d’engager une phase de réflexion, à la fois sur le fond et la forme. Le travail engagé vise à élaborer et présenter un rendez-vous qui s’est toujours tenu en lien avec le festival international du Film d’Amiens (Fifa). Ce dernier se déroulera cette année du 10 au 20 novembre.
Le président de la CMCAS d’Amiens, Pascal Chivet, estime que ce festival “porte des valeurs qui sont aussi celles de la CCAS. Nous souhaitons qu’un maximum d’agents puissent profiter de ce tour du monde des cultures et des histoires humaines et sociales”. Des accords tarifaires ont été conclus entre l’organisme et le Fifa pour inciter les agents à participer à la manifestation amiénoise.
L’an dernier, elle a rassemblé environ 65 000 spectateurs. Pour Jean-Pierre Garcia, son directeur artistique, qui s’est aussi longuement engagé dans les Raas, “les agents veulent à la fois exposer leurs vidéos, être confrontés à des professionnels et pouvoir voir des vidéos d’autres gens. C’est pourquoi nous entretenons des relations très étroites avec les CMCAS. Mais nous travaillons aussi beaucoup avec des associations comme Cardan, qui s’occupe d’illettrés, ou avec des RMistes, ou des détenus, afin que certaines valeurs transmises par le cinéma puissent être perçues par tous les publics”. Le président de la CMCAS d’Amiens et le directeur artistique du festival d’Amiens partagent une volonté commune : ne pas laisser à l’abandon les gens qui s’expriment par la vidéo, montrer leurs travaux à des publics aussi divers que possible et faire circuler ces vidéos dans les centres de la CCAS. En somme, il faut se saisir de l’outil vidéo pour montrer le travail dans les IEG et ne pas laisser voir que les seuls films des directions.
Jean Santon
Cette 25e édition comportera une section Compétition et une section Information, plusieurs rétrospectives et hommages, un colloque (Du roman au cinéma : Jules Verne et les peuples indigènes) et une rencontre sur les perspectives du cinéma numérique en Afrique.
En plus de la compétition internationale – 24 longs et courts métrages, fictions ou documentaires, du monde entier –, le festival proposera deux sélections officielles : Cinémas d’Afrique (les grandes tendances des cinémas africains à travers 25 films) et Le monde comme il va (des inédits d’Europe, Asie et Amérique latine).
Le festival rendra hommage à l’actrice, réalisatrice et productrice Ida Lupino, pionnière du cinéma américain indépendant.
Un programme s’attachera à montrer les images réalisées par les Indiens du Brésil et par les habitants des favelas.
Enfin, un hommage sera rendu au réalisateur malien Souleymane Cissé, ce maître du cinéma qui déclarait : “L’esthétique, c’est pour moi quelques images qui doivent vaincre, vaincre le temps pour s’imposer.”
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