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Autre chose de plus humain…

ccas.fr • en ligne le 4 Avril 2007

Petit-fils d'un forgeron corse, Robin Renucci s’est très tôt passionné pour le théâtre. Au cinéma, comédien chez Deville, Corneau ou Chabrol, il vient de réaliser, en collaboration avec la CCAS, son deuxième long métrage, “Toujours Vivant”.

En Corse, depuis combien de temps existe le partenariat entre l’Association des Rencontres internationales artistiques (ARIA) et la CCAS dans le cadre des séjours alternatifs ?
Depuis cinq ans. C’est un véritable compagnonnage qui s’est établi dans les centres de vacances CCAS de Borgo puis de Marinca et d’Ajaccio. Les électriciens et gaziers viennent assister à la période de préparation des spectacles ou de représentations, le plus souvent avec leurs familles. Les bénéficiaires découvrent l’élaboration du spectacle avec des gens qui leur ressemblent. Car ce n’est pas seulement un univers professionnel, il se crée quelque chose de plus : un échange très fort entre tous.

Que vous apporte ce lien avec les bénéficiaires ?
Il nous apporte une présence très éveillée, faite d’acuité, d’attention et d’écoute, même chez les plus jeunes. Leur exigence dépasse parfois ce que l’on pouvait en attendre et nous oblige à apporter des modifications dans nos choix. Le débat autour de la question de la culture populaire pose la question de savoir comment on rend le peuple à la culture. De cette façon, ce sont les agents qui nous renvoient la culture par leur recherche, leurs commentaires, leurs réactions sur le plan politique, sur leur vie. D’ailleurs, ce serait bien que l’on mette en place un atelier d’écriture qui donnerait lieu à un spectacle. Souvent, sous prétexte de démocratie culturelle, on veut balancer aux gens du spectacle vivant, de l’action culturelle. Mais la personne ne le veut pas forcément, on ne peut pas faire le forcing ! Avec la CCAS, les gens arrivent à se réapproprier la dimension culturelle qui leur était un peu confisquée.

Ce type d’initiative peut-elle se généraliser ?
Oui, s’il y a une exigence très importante des initiateurs. Notre but à l’ARIA consiste à former des formateurs pour qu’ils aident à la transmission de nos valeurs. Les agents sont actifs et non consommateurs, car ils comprennent notre démarche, la partagent et la fabriquent avec nous.

Comment jugez-vous la culture actuellement ?
Avec Malraux, paradoxalement, les premières grandes maisons de la culture l’ont cloisonnée et ont créé des clivages entre amateurs et professionnels, alors qu’il faut au contraire du lien social. Sur le territoire national, il y a une kyrielle de structures culturelles mais parfois désertées car on ne fait qu’y apporter la culture. Cela ne suffit pas car le choix est dans l’émancipation ou dans l’aliénation des citoyens. Soit nous sommes dans la création soit dans la consommation, l’exploitation, la marchandisation de l’œuvre. La culture de marché de masse permet de mieux capter ceux qui se transforment à force en consommateurs. C’est le contraire de la culture de partenariat, d’échanges…
La CCAS est dans une démarche d’émancipation du citoyen. Elle a le souci d’élargir le temps de loisir à une envie de rencontres, de liens, de partages. La CCAS entend dépasser la dichotomie monde du travail/consommation afin d’atteindre autre chose de plus humain.

Vos projets ?
L’an dernier, j’avais déjà réalisé un film, Avà hé mortu. Mon deuxième long métrage doit sortir fin mai ou début juin. La CCAS en est partenaire. Ce film, je l’ai réalisé à partir d’un récit populaire. C’est l’histoire d’un village de montagne, un vieil homme est sur le point de mourir mais refuse la mort tant qu’il n’a pas laissé quelque chose de très important pour ceux qui vont vivre après lui : un théâtre. Le titre en est Toujours vivant.

 Philippe Poupard

 

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