Le 29 septembre, au cours d’une commémoration émouvante, la CCAS a procédé à la pose d’une plaque à la mémoire des républicains espagnols réfugiés à Plougasnou (Finistère) en 1939.
En 1939, en ces lieux furent hébergés des républicains espagnols victimes du franquisme. La Caisse centrale d’activités sociales des électriciens et gaziers tient à leur rendre hommage. Le 29 septembre 2007.” Le texte figure sur la plaque apposée ce jour-là sur un mur de la colonie de vacances de Plougasnou. Chassés de leur pays par le coup d’Etat et les fascistes, 500 000 républicains espagnols se sont réfugiés en France, notamment en Bretagne. La région reçut 5 500 d’entre eux, en particulier dans les 116 centres d’hébergement du Finistère, dont celui de Plougasnou, alors colonie de vacances de la ville de Morlaix.
Patrick Diaz, agent EDF, est très ému quand il prend la parole. “Il y a 70 ans, la famille Diaz Rodriguez a fait partie des réfugiés hébergés ici. A cet instant, je pense à ma grand-mère, mon grand-père, à ma famille qui, après trois jours et trois nuits, est arrivée à Brest. Nous souhaitions une plaque, et nous voilà. Je tiens à dire notre fierté d’être les enfants et les petits-enfants de républicains espagnols.” Entouré de trois générations de Diaz venus de toute la France, il tient à remercier la CCAS.
“La CCAS que je représente se souvient que ce centre de vacances a accueilli près de 250 républicains espagnols et leurs familles, entre 1939 et février 1940, reprend Pascal Aubrée, administrateur. […] A notre tour, nous sommes ici en terre bretonne parce que deux électriciens, Patrick et Gérard Diaz, fils de réfugiés, l’ont décidé.” Il rappelle l’engagement des syndicalistes et des démocrates dans les Brigades internationales. “Cette solidarité sociale, c’est la mission que réitèrent régulièrement les électriciens et gaziers […] C’est en ce sens que nous souhaitons inscrire, symboliquement, en ce lieu de vacances pour jeunes, comme un devoir de mémoire collective, de solidarité sociale et d’échange culturel.” A ses côtés, Marie-Paule Kérébel, adjointe au maire de Morlaix, Yvon Tanguy, maire de Plougasnou, et Jean-François Coulin, président de la commission d’activités régionales Bretagne.
En soirée, Geneviève Dreyfus-Armand, directrice de la BDIC, la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (1), chercheur et historienne de l’exil des républicains espagnols, commente l’exposition d’affiches de la République espagnole au centre de Trébeurden (Côtes-d’Armor). Après le buffet espagnol, elle présentera l’Album de Juliette, un film qui retrace l’itinéraire d’une femme engagée dans la 14e Brigade internationale, puis dans la Résistance en France. Parmi les membres de la famille Diaz, il y a Manuel, Paco et Josefa, alias Pepita, qui se souvient : “J’avais 10 ans, j’ai connu les bombardements, je n’ai jamais revu mon père depuis la retirada (2), il a été fait prisonnier, puis est mort en 1944. En fait j’ai vécu dix ans de guerre, je suis Bretonne mais, quand j’entends la musique ou des paroles en espagnol, mon cœur vibre, je suis émue, je tape dans les mains.”
(1) www.bdic.fr (2) La retirada : l’exode.
Pierre Michaud
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