Claude Meyroune, déporté en Allemagne, est membre de la présidence de la FNDIRP. Il fut également à l’origine de la Fondation pour la mémoire de la déportation (FMD) dont il est le vice-président.
Déporté en Allemagne, Claude Meyroune est membre de la présidence de la FNDIRP. Il fut également à l’origine de la Fondation pour la mémoire de la déportation (FMD) dont il est le vice-président.
Claude Meyroune, étudiant de 19 ans à la faculté des sciences de Bordeaux, est arrêté le 6 janvier 1942 par la police française, sous la direction du commissaire Poinsot. “J’ai passé neuf mois au fort du Hâ à Bordeaux, puis j’ai été transféré à Fresnes. J’ai évité de peu d’être fusillé. Plus tard, j’ai été embarqué avec mes camarades au camp de Hinzert (1)”, raconte le docteur Claude Meyroune, qui créa plus tard la Maison de retraite médicalisée Marcel Paul (voir article ci-contre). Son engagement politique lui valut son enfermement, du 5 novembre 1942 au 3 novembre 1943, dans ce camp spécial des SS où étaient internés les “terroristes” et les communistes. Son “jugement” fut retardé à plusieurs reprises, notamment à cause de l’attentat contre Hitler du 20 juillet 1944. C’est ainsi qu’il échappa à la peine de mort.
Il fut ensuite transféré à la forteresse renforcée de Diez-Lahn puis à la prison de Francfort et enfin dirigé en mars 1945 vers la frontière tchèque. “Nous avons été libérés par la VIIe Armée américaine le 14 avril 1945 à Bayreuth. J’étais au bord de l’épuisement, je pesais 32 kilos. Après huit jours de train, nous sommes arrivés à Paris. Je me souviens que du fait de notre statut de déportés NN (2), nous étions quinze dans notre wagon et les Américains nous ont donné des rations pour quarante : nous nous sommes gobergés ! Mes parents avaient eu des nouvelles – malgré le décret NN – par un camarade rencontré au fort du Hâ, Jacques Réguillem (il fut condamné à mort, gracié, puis déporté en juillet 1942 en Allemagne). Il pouvait envoyer une lettre toutes les six semaines et il a réussi à prévenir mes parents. Le texte disait : "Tante Louise habite-t-elle toujours au même endroit ? Claude voudrait de ses nouvelles." En mai 1943, mes parents savaient que j’étais en vie. Jacques me passait du pain, des petits bouts de papier, un petit crayon, j’apprenais des poésies par cœur avant de détruire les papiers sous la porte de ma cellule, la B4-1. Ma mère, mon père toute ma famille avaient été traumatisés par mon arrestation. Prévenus par les services de l’hôtel Lutétia (3), ils étaient tous à la gare pour m’accueillir.”
(1) Camp de concentration SS à statut spécial pour les détenus NN dans la région de Saarbrücken.
(2) NN : voir Lexique.
(3) Palace parisien de la rive gauche occupé par les nazis et les trafiquants, il est ensuite le centre d’informations pour les déportés et leurs familles. Le livre Lutétia, de Pierre Assouline, paru chez Gallimard, retrace l’histoire de cet hôtel.
Pierre Michaud
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